Comment la grâce opère-t-elle, 1ière partie D. PRINCE

Publié le par D.P.


Ecrire les lois de Dieu sur les cœurs des hommes.

 

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L’un des thèmes principaux communs à l’Ancien et le Nouveau Testament est celui de « la loi et la grâce ». Pour apprécier l’importance donnée à ce thème simplement dans le Nouveau Testament, nous pouvons constater qu’un livre complet – l’épître aux Galates – lui est consacré.

Au total, il y a au moins 27 chapitres dans le Nouveau Testament (hormis Galates) qui traitent d’une façon ou d’une autre de la relation entre la loi et la grâce. Cela est toujours difficilement abordé dans les enseignements et prédications actuels.

Dans cette étude, nous traiterons un aspect pratique de ce thème :

comment la grâce opère-t-elle dans nos vies ?

Cependant, nous devons commencer par faire une distinction d’une importance capitale. Nous ne parlons pas ici de la loi comme moyen de maintien d’un ordre social – par exemple, la loi du pays dans lequel nous vivons. Dans ce cas, le Nouveau Testament demande à tous les chrétiens d’observer "la loi" (voir Rom 13:1-5 ; Tite 3:1 ; 1 Pierre 2:13-17).

Par loi dans cette étude, nous parlons d’une « loi religieuse vue comme un moyen d’atteindre la justice de Dieu ».

C’est le sens usuel du mot « loi » dans le Nouveau Testament. Sans autre précision, il se réfère particulièrement à « la loi de Moïse ».

Dans ce cas, en tant que chrétiens, nous ne sommes « plus sous la loi » (voir Rom 6:14 ; 7:4-6 ; Gal 5:18).

Dans Romains 10:4, Paul fait une déclaration très profonde et d’une grande portée :

 

« car Christ est la fin de la loi, en vue de la justice pour tout croyant. »

Le mot clé ici est en vue de la justice.

Paul ne dit pas que Christ est la fin de la loi comme partie de la révélation complète de la parole de Dieu. La parole de Dieu – y compris les livres de Moïse contenant « la loi » - demeure à jamais. Mais Paul dit que Christ est la fin de la loi comme moyen pour parvenir à la justice. Quand une personne met sa foi en Christ, s’en est définitivement fini pour lui de la loi comme moyen de justification.

Au contraire, par la grâce divine, il est revêtu de la justice de Christ.

LA JUSTICE « EN ACTION »

Le mot grec pour «justice» utilisé ici par Paul est dikaiosune, qui exprime une justice imputée. Sur la base de notre foi, Dieu prend la justice de Christ et nous l’impute. «Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.» (2 Cor 5:21). Nous ne pouvons rien faire pour gagner ou mériter cette justice. C’est un cadeau gratuit de la grâce de Dieu reçue uniquement par la foi (voir Rom 5:17).

Cependant, il existe un autre mot pour « justice » dans le Nouveau Testament dikaioma qui exprime une justice oeuvrée ou une justice en action. Ce mot est utilisé dans Romains 8:3-4

« Car –– chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force –– Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair ; et cela, pour que la justice [diakaioma] prescrite par la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. »

Quand nous grandissons en Christ, Dieu demande que la justice imputée (dikaiosune) soit traduite en justice œuvrée (dikaioma).

Une fois de plus, nous devons prêter attention aux mots utilisés par Paul. Il y a une différence entre «la loi» et «la justice de la loi». Paul ne dit pas «que la loi peut être accomplie en nous». Il ne dit pas qu’il nous est demandé d’observer «la loi». Il dit que «la justice de la loi peut être accomplie en nous». En d’autres termes, en tant que chrétiens, nous devrions produire la même justice œuvrée dans nos vies que «la loi» aurait du produire, mais ne l’a pas fait, à cause de la faiblesse de notre «chair» - notre nature charnelle.

La question qui suit logiquement est celle-ci : quelle est cette justice œuvrée que la loi était sensée produire et que Dieu nous demande de manifester dans nos vies ?

La réponse est étonnamment simple. Elle est donnée par Jésus dans Matthieu 22:35-40 :

«Et l’un d’eux, docteur de la loi, lui posa cette question pour le mettre à l’épreuve :


Maître, quel est le grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi–même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.»

Si la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements, alors ces deux commandements existaient avant la loi et les prophètes.

Ce sont les exigences fondamentales, éternelles, immuables de Dieu, pour toute la race humaine.

Ainsi, nous pouvons résumer la justice de la loi en : aimer Dieu et aimer son prochain.

Romains 13:8,10 dit que si nous aimons, nous avons accompli la loi :

« … vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi… L’amour ne fait pas de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. »

Paul dit encore dans Galates 5:14 :

«Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle–ci : Tu aimeras ton prochain comme toi–même.» La «seule parole» est aimer.

Même si l’intention de la loi était bonne, aucun homme n’était capable d’accomplir ses exigences et d’atteindre ainsi la justice que Dieu désirait. Mais Dieu, à travers la mort de son Fils sur la croix, a fourni une alternative pour sa justice. Il a également pourvu au moyen par lequel sa justice peut être appliquée dans nos vies, produisant ainsi ce que la loi ne pouvait pas produire : l’amour pour Dieu et pour notre prochain. Ce moyen, c’est «la grâce».

 

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OUVRIR LE CHEMIN POUR LA GRACE

La grâce, comme moyen de justification, ne pourra seulement opérer que comme le résultat de la mort expiatoire de Jésus-Christ sur la croix. Si Christ n’était pas mort à la croix à notre place en sacrifice pour nos péchés, il n’y aurait aucune possibilité pour la grâce d’agir dans nos vies. La croix est l’exigence fondamentale qui permet à la grâce de Dieu d’agir. Romains 8:3-4 nous dit que Dieu devait en finir avec le péché à la croix avant qu’il n’y ait aucune possibilité que la justice de la loi soit accomplie en nous.

Regardons maintenant les cinq points que Christ a accomplis lors de l’expiation.

(1)    Christ a payé le prix pour nos péchés passés.

« C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. Parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant au temps de sa patience. » (Rom 3:25)


Sur la croix, Jésus a payé le prix pour tous nos péchés du passé. Dans sa patience, Dieu n’a pas tenu compte des péchés de beaucoup de générations précédentes, sans apporter le jugement final, attendant le moment où tout serait réglé une fois pour toutes par la mort de Christ.

Le terme, propitiation, est le même terme utilisé dans la version grecque de l’Ancien Testament pour le propitiatoire qui recouvrait l’arche. A l’intérieur de l’arche se trouvaient les dix commandements représentant les exigences de la loi. Ces commandements avaient été méprisés et brisés, mais Jésus, par sa mort sur la croix, est devenu le propitiatoire qui une fois pour toute recouvrait la loi brisée. Et sur ce propitiatoire a été répandu son sang comme le sacrifice parfait.

Dans l’ancien Testament, c’était un péché, coupable de mort, pour celui qui soulevait le propitiatoire et regardait de nouveau à l’intérieur de l’arche. Cela nous montre deux choses. Premièrement, une fois que nous avons accepté le pardon de nos péchés passés sur la base du sang versé de Christ, nous ne devons jamais regarder en arrière et les reconsidérer, en permettant au diable d’amener une accusation ou sentiment de culpabilité à leur sujet.

Deuxièmement, la loi brisée est arrivée à son terme une fois pour toutes avec la mort de Christ, et nous ne devons jamais chercher de nouveau à l’utiliser comme un moyen de justification. Dans ce sens, Christ est la fin de la loi.

(2)    Christ a mis fin à la loi comme moyen de justification.

Nous avons déjà vu cela dans Romains 10:4

«Christ est la fin de la loi, en vue de la justice pour tout croyant.»

 

«Tout» n’admet pas d’exception. Que vous soyez Juif ou Gentil, une fois que vous croyez en Christ, s’en est terminé pour vous de la loi comme moyen de justification.

La transition de la loi à la grâce est présentée dans Jean 1:17 :

«Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus–Christ.»

Là où la grâce commence, la loi prend fin. Elles s’excluent mutuellement. Personne ne peut être en même temps sous la loi et sous la grâce.

«Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce.» (Rom 6:14).

L’implication est claire. Tant que nous sommes « sous la loi » le péché domine sur nous. La seule échappatoire à la domination du péché est d’être libéré de la loi et de venir sous la grâce. La mort de Christ a rendu cela possible.

(3) Christ a mis un terme aux revendications de Satan sur nous et nous a ainsi délivré de la domination de Satan.

Colossiens 1:12-13 nous le rappelle :

« Avec joie rendez grâces au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière. Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien–aimé. »

Le terme traduit par « pouvoir » signifie littéralement « autorité ».

 

Satan a autorité sur les rebelles. Il est le «prince [chef] de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.» (Eph 2:2).

Tant que nous sommes en rébellion contre Dieu, nous sommes sous l’autorité de Satan. Les ténèbres ont autorité sur les fils de la rébellion, mais par la mort de Christ à la croix, Dieu nous a délivrés du royaume des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien–aimé.

Dans l’Ancien Testament, il y a deux personnages dont il est dit qu’ils ont été transportés : Enoch et Elisée.

Dans chaque cas, la personne entière était enlevée – esprit, âme et corps. Il en est de même pour nous. Nous avons été, de la même façon, entièrement transportés du royaume de Satan au royaume du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Nous sommes hors de territoire de Satan – esprit, âme et corps. Il n’a plus aucun pouvoir ou aucun droit sur nous à cause de ce que Dieu a fait à la croix avec Christ.

Dans Colossiens 2:13-15 nous trouvons un résumé des trois points que nous avons étudié jusque là.

« Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ; il a effacé l’acte rédigé contre nous et dont les dispositions nous étaient contraires ; il l’a supprimé, en le clouant à la croix ; il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix. »

Le premier point est le verset 13 – à travers la mort de Christ, Dieu nous a fait grâce pour toutes nos offenses. Dieu nous fait grâce pour toutes les mauvaises actions que nous avons pu commettre, à travers la mort de Christ.

Le second point se trouve dans le verset 14 - Dieu a effacé l’acte rédigé contre nous. C’est la Loi. Elle nous était contraire car chaque fois que nous essayions de nous approcher de Dieu, la Loi se plaçait entre Dieu et nous et nous rappelait que nous étions pécheurs et n’avions aucun droit d’accès à Dieu. Mais Dieu, à travers la mort de Christ, l’a supprimé en la clouant à la croix en Christ.

 

Cela a mis fin à la loi en tant que moyen de justification.

Le troisième est le verset 15 – à travers la mort de Christ, Dieu a dépouillé les principautés et le pouvoir de Satan. Les pouvoirs dominateurs de Satan ont été dépouillés de touts leurs pouvoirs et tous leurs droits sur nous.

Il est essentiel que nous comprenions et acceptions ces deux premiers faits. Sinon nous ne pouvons pas être libres de la domination de Satan. Tant qu’il peut nous maintenir dans un sentiment de culpabilité, que ce soit à cause d’un péché non pardonné du passé ou parce que nous avons l’impression que nous ne respectons pas certaines règles religieuses que nous nous sommes fixées, Satan conserve son pouvoir sur nous.

Avant d’examiner les deux derniers des cinq points que Christ a accomplis pour nous à la croix, il est nécessaire d’effectuer une importante distinction logique : entre le péché et le vieil homme. Le péché est une force spirituelle destructive, trompeuse et corrompue agissant dans l’univers. Le vieil homme est la nature dont nous avons tous hérité par la chute d’Adam.

Dans cette nature, il y a un penchant inné pour la désobéissance. Quand le péché œuvre dans le vieil homme, et que le vieil homme répond en cédant à la désobéissance, il en résulte des actes pécheurs et une vie de péché. Les deux points de notre étude – le péché et le vieil homme- ont été achevés avec la mort de Christ.

(3)    Christ a effacé le péché…

« mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour effacer le péché par son sacrifice. » (Heb 9:26)

Sur la croix, l’âme de Christ a été faite péché (voir Esa 53:10, 2 Cor 5:21). Il s’est offert comme le sacrifice définitif et suffisant. Il a porté le péché du monde dans son âme. Il l’a achevé par cet acte. Quand il est mort, le péché a été effacé une fois pour toute. Quand nous passons par la croix, nous entrons dans un domaine où le péché n’a aucun accès ; où le péché n’a aucun pouvoir ; d’où il a été exclu.

(4)    En Christ, le vieil homme a été exécuté.

Quand il est mort sur la croix, notre vieille nature charnelle – avec sa corruption et son penchant pour la rébellion- est morte avec lui.

«Nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché.»

La version King James dit «est crucifiée», mais le grec utilise le passé composé «a été crucifiée».

La mort du vieil homme sur la croix était un événement historique unique qui a eu lieu une fois et n’aura jamais à se reproduire.

Dieu a un seul remède pour le vieil homme. Il ne l’envoie pas à l’église ou à l’école du dimanche, ne lui enseigne pas la règle d’or ou ne lui fait pas apprendre par cœur les Ecritures. Le remède de Dieu est l’exécution. Il ne peut rien faire d’autre pour lui. Tant que le vieil homme vivra, il sera esclave du péché. La seule manière de sortir de cet esclavage est la mort. Cependant, par la miséricorde de Dieu, cette mort a déjà eu lieu – en Christ, à la croix.

Donc, voici les cinq points que Christ a accomplis sur la croix :

(1) Il a payé le prix pour nos péchés passés,
(2) Il a mis fin à la loi comme moyen de justification,
(3) Il a mis un terme aux revendications de Satan sur nous et nous a ainsi délivrés de la domination de Satan,
(4) il a effacé le péché, et
(5) en lui, notre nature charnelle a été exécutée.

Avec ces cinq points, Christ a ouvert la porte pour que la grâce de Dieu devienne opérationnelle dans notre vie.
 

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