LE COEUR QUI DÉBORDE Moody D. L.

Publié le par Daniella

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Je me souviens de la matinée où je sortis de ma chambre après m'être confié en Christ pour la première fois. Il me semblait que ce vieux soleil brillait d'un plus vif éclat qu'à l'ordinaire; il me souriait. J'allai me promener dans les champs, et je crus que les petits oiseaux qui chantaient dans les arbres entonnaient un hymne pour moi. Le croiriez-vous?

Je sentis que j'aimais ces oiseaux, tandis que jusque-là je ne m'étais pas soucié d'eux.

J'affectionnais la création tout entière ; je n’avais plus aucun sentiment amer contre aucun homme, et j'étais prêt à les presser tous contre mon cœur.


Si quelqu'un n'a pas cet amour répandu dans son cœur, il n'a jamais été régénéré. Si une personne se lève dans une réunion de prières et qu'elle se mette à parler des défauts d'autrui, vous pouvez douter de la réalité de sa conversion. Cette conversion n'est qu'une contrefaçon; car elle n'a pas le vrai sceau.

Le premier sentiment d'une âme convertie, c'est l'amour, et non le désir de trouver les autres en faute et de s'en plaindre.


Mais il nous est difficile de vivre toujours dans cette pure atmosphère. Voici quelqu'un qui vient et qui nous traite injustement ; peut-être serons-nous disposés à le haïr ?

Car nous n'avons pas profité des moyens de grâce, et nous ne nous sommes pas nourris de la Parole comme nous l'aurions dû. Une racine d'amertume bourgeonne alors dans notre cœur sans que nous prenions garde à elle. Dès ce moment nous devenons impropre à travailler à l'œuvre du Seigneur, parce que l'amour de Dieu n'est pas répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit. C'est cet Esprit qui produit l'amour.

Paul a pu dire : « La charité de Christ me presse » (1Co 5:14) ; aussi ne pouvait-il s'empêcher d'aller prêcher l'Évangile de ville en ville.

Jérémie a dit un jour qu'il ne parlerait plus au nom de l'Eternel. (Jer 20: 9.) Il avait assez souffert, pensait-il, et son peuple ne se souciait pas de la Parole de Dieu.

Il vivait dans des jours mauvais comme les nôtres. Des incrédules l'environnaient: soutenant que les Ecritures n'étaient pas la vérité.

Ils finirent par le mettre en prison, et là il se disait : - Je garderai le silence; parler me coûte trop cher!

Vous savez que peu de temps après il ne put plus se taire; le feu était dans ses os, et il eut de quoi parler. Et nous-mêmes: quand l'amour de Dieu remplit nos cœurs : nous sommes contraints de travailler pour le Maître: et il bénit notre travail; tandis que si nous agissons par contrainte, sans divin et puissant mobile, nous n'obtenons aucun résultat.


Maintenant nous posons cette question Avons-nous l'amour de Dieu répandu dans nos cœurs ? Disons-nous la vérité sous l'impulsion de cet amour?

Quelques-uns parlent de la vérité d'une manière si froide et si éteinte, qu'ils ne font de bien à personne. D'autres restent attachés à beaucoup de choses terrestres, et laissent de côté une partie de cette vérité.

Mais il nous faut en parler avec amour, même si nous devions tout perdre par notre fidélité; si nous faisons ainsi, Dieu nous bénira.


Un grand nombre essayent d'acquérir cet amour, et de le produire par leurs efforts. Ils n’y réussissent pas. S'il est profondément enraciné dans notre nouvelle nature, ses effets seront spontanés.

Je n'ai pas eu besoin d'apprendre à aimer mes enfants; je ne puis m'empêcher de les aimer. Une jeune fille disait qu'elle ne pouvait aimer Dieu, que c'était pour elle très difficile.

- Est-ce difficile pour vous d'aimer votre mère ? lui demandai-je. Avez-vous besoin de l'apprendre ?

Elle regarda vers le ciel avec des yeux pleins de larmes, et dit :

- Non, je ne puis faire autrement; c'est un sentiment spontané.

- Eh bien? repris-je, lorsque le Saint-Esprit allumera l'amour dans votre cœur, vous ne pourrez faire autrement que d'aimer Dieu; ce sera spontané. Quand cet Esprit vient dans une âme comme la vôtre et la mienne, il nous devient aisé de servir le Seigneur.

Le premier des fruits de l'Esprit c'est « l'amour, » comme il est dit dans Galates 5. Neuf grâces différentes sont énumérées dans le même verset, et Paul met l'amour en tête de la liste.


Il est donc le fruit le plus beau de cette précieuse grappe. On est allé jusqu'à dire que les huit autres étaient renfermées dans ce mot : amour.

 

La JOIE c'est l'amour qui s'exhale, la PAIX c'est l'amour en repos, la PATIENCE c'est l'amour dans l'épreuve, la DOUCEUR c'est l'amour qui déborde, la BONTÉ c'est l'amour dans l'action, la FIDÉLITÉ c'est l'amour dans la lutte, la BÉNIGNITÉ c'est l'amour qui s'exerce, et la TEMPÉRANCE c'est l'amour discipliné.


C'est donc toujours l'AMOUR, l'amour à l'extrême cime, l'amour à la base même; et si chacun de nous maintenant manifestait devant tous ce fruit de l'Esprit, quelle influence nous aurions sur le monde !

Les agents de police deviendraient inutiles; on pourrait laisser là ses habits sans qu'ils soient volés ; nul n'aurait plus le désir de mal faire.

Paul, en parlant de ces neuf grâces, ajoute: «La loi n'est point contre ces choses. »


Plus besoin d'avoir de lois!


Un homme rempli de l'Esprit ne serait pas placé sous la vindicte de la loi: et n'aurait pas besoin de surveillance.

Nous donnerions congé à la police; les magistrats n'appliqueraient plus le code, et les cours de justice n'auraient plus rien à faire.

 

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